Sélectionner une page

Entretien

Plus d’une année de présidence d’Emmanuel Macron et les élections européennes dans quelques mois.

Qu’en dit le Rassemblement national ?

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que la baudruche se dégonfle. Monsieur Macron entre dans sa deuxième année et dans beaucoup de difficultés. Il est avant tout une création médiatique et il bute sur le mur des réalités. Ses réformes n’améliorent pas la vie des Français et le pouvoir d’achat baisse considérablement. Et je ne parle pas de l’affaire Benalla. Elle montre qu’il n’a pas rompu avec les anciennes pratiques. Il disait qu’il était un candidat du nouveau monde. Il est toujours englué dans les affaires de l’ancien monde. Les difficultés économiques sont toujours là et l’immigration progresse comme jamais. Conséquence de tout cela : une chute de popularité considérable et ce n’est que le début. Ce dernier remaniement n’est qu’un replâtrage de façade.Et ce sondage qui vient de donner le Rassemblement de Marine Le Pen au coude à coude avec lui aux Européennes…
Justement, vous en attendez quoi des Européennes ? Beaucoup car ce sera un véritable référendum sur la politique d’immigration. Partout en Europe, ce sera le thème central. On le voit en Italie, en Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en République Tchèque, en Pologne et on va le voir en France. Cette question migratoire angoisse les populations européennes et Macron est l’un de ceux qui ont ouvert les frontières de l’Union européenne. Les peuples sont en train de se réveiller. On le voit bien en France. On aura un duel entre la liste de Macron qui incarne la vieille Europe, l’Union européenne dont ne veulent plus les nations, et une autre conception de l’Europe, une Europe des nations fondée sur la souveraineté de pays qui coopéreront ensemble. Ces européennes s’annoncent très bien pour nous. Nous étions annoncés moribonds et disparus. Et un sondage nous met à égalité avec Macron. Ce n’est que le début alors que la campagne des Européennes n’a pas commencé.
Une seule circonscription nationale avec une proportionnelle intégrale, contre de grandes circonscriptions régionales. Cela peut changer quoi ? Ce mode de scrutin nous va très bien, et c’est celui qui nous est le plus favorable. Je pense que nous arriverons en tête car la dynamique Macron est cassée, et il n’y a pas du tout de dynamique Wauquiez. Ce sera bien un duel entre deux conceptions de l’Europe : une Europe coupée des peuples, celle de Macron ; et une Europe des nations et des peuples incarnée par Marine Le Pen, Salvini (ministre de l’Intérieur italien), Orban (Premier ministre hongrois). Il y a un vent qui souffle sur toute l’Europe et ce vent va souffler très fort en France.
Vous serez candidat aux Européennes à une place éligible ? C’est ce que je souhaite mais rien n’est encore arrêté. Je pense que la Bretagne a besoin d’être représentée. Je suis conseiller régional et conseiller municipal (à Fougères). Si je suis élu député européen, il faudra que j’abandonne un des trois. On peut être député européen et conseiller régional.
Pour la Région, votre appréciation sur l’action de son président ? Loïg Chesnais-Girard (président PS du conseil régional), comme ses amis au gouvernement, fait beaucoup de communication et on a l’impression qu’il agit beaucoup. On voit les budgets de communication partout, comme dans les transports ou l’aménagement du territoire. Mais on s’aperçoit, in fine, que l’action est extrêmement limitée. L’exécutif régional agit peu sur les grandes problématiques bretonnes.