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Thierry Mariani, ex-LR, nommé en janvier sur la liste du Rassemblement national (RN) pour les élections européennes du mois de mai, ne regrette pas d’avoir changé de parti. « J’ai un regret, c’est celui de ne pas y être allé plus tôt, parce que finalement je m’y sens très bien », a-t-il déclaré, dans la matinale de Public Sénat. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a ouvertement critiqué l’absence de ligne claire dans son ancien parti. « J’ai quitté les Républicains pour ça. Je pense qu’il n’y a plus de ligne politique. La seule politique aux Républicains aujourd’hui c’est : on reste ensemble. »

Pour lui, le choix du philosophe conservateur François-Xavier Bellamy comme tête de liste LR n’augure rien sur les choix de son ancien parti. François-Xavier « Bellamy est quelqu’un que je trouve plutôt sympathique, mais sans mauvais jeu de mot, j’ai l’impression que c’est un bel alibi. En réalité ça fait oublier la suite de la liste », a-t-il estimé. Et d’ajouter : « Il ne faut pas oublier que c’est une liste et que cette liste a une politique qu’elle défend à Bruxelles […]  Il y a un double discours. On est souverainiste à Paris et on suit aveuglément les Allemands au sein du PPE (…)” [source]

Sur les relations tendues avec l’Italie :

C’est la réponse logique. Quand vous chatouillez un peu trop vos voisins, un jour ils ont envie de vous chatouiller, a réagi (…) Thierry Mariani (…) pour expliquer l’escalade de la tension entre la France et l’Italie. Paris a rappelé jeudi son ambassadeur en Italie après une série de déclarations de responsables italiens jugées “outrancières”. Thierry Mariani rappelle qu’en juin 2018, Emmanuel Macron “dénonçait dans un Conseil des ministres le cynisme et l’irresponsabilité du gouvernement italienL’ancien ministre souligne ainsi qu’“à de nombreuses reprises, Emmanuel Macron n’a pas mâché ses mots sur le gouvernement italien. C’est la politique de l’arroseur arrosé, affirme Thierry Mariani.

L’ancien député du Vaucluse dénonce aussi la “suffisance” et “l’arrogance” que le président de la République “a sur la scène nationale” ainsi que “sur la scène internationale”. “Quand vous passez votre temps à donner des leçons aux États étrangers, il ne faut pas s’étonner qu’au moment où vous êtes en position de faiblesse ceux-ci vous rendent la monnaie de leur pièce.” [source]

Sur les dérives autoritaires du gouvernement français :

Il « pèse ses mots ». Thierry Mariani n’y est pas allé par quatre chemins pour s’en prendre aux récentes propositions de l’exécutif. « On est quand même dans une dérive que je qualifie de totalitaire », s’est exprimé l’ancien député LR, dans la matinale de Public Sénat (…) (Il) s’est notamment inquiété de certains articles de la proposition de loi dite « anticasseurs », dénonçant la logique d’ « arrestations préventives ». « Se défendre contre les casseurs oui, empêcher la liberté de manifestation ou la restreindre, ça m’inquiète ! »

Les récentes confidences d’Emmanuel Macron à des journalistes en marge d’un déplacement, comme l’idée de créer une instance déontologique de contrôle, ont également interrogé Thierry Mariani. « C’est quand même hallucinant […] Aucun président n’a osé avoir cette idée et l’exprimer. » Et d’ajouter : « Quand on en est à vouloir contrôler la presse, on se rapproche plus de la Pravda »

Pour lui, la situation actuelle ne fait guère pas de doutes : « On est sur une pente totalitaire dans ce pays, où, dans pleins de sujets, on oblige les gens à penser ou on les conditionne à penser. »